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URTUBIE    I

 les Tartas d'Urtubie

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C'est en 1341 que Martin de Tartas reçoit du roi d'Angleterre, l'autorisation de construire un château de pierres avec murailles et fossés, parce qu'il n'en existe pas d'autre à trois lieues de là.

Les lettres patentes en faveur de Martin de Tartas, Seigneur d'Urtubie, sont signées par le roi Édouard III d'Angleterre à Westminster, le 4 mai 1341.

Mais Martin mourut tragiquement à Bayonne en 1343, sans postérité, et c'est son frère Auger de Tartas qui achève la construction d'Urtubie.

Il prête serment de fidélité et hommage féodal à Edouard III au Palais de l'Archevêché de Bordeaux.

Après lui, la propriété passe à son fils Adam, capitaine des gardes de l'Infant Don Carlos, héritier du trône de Navarre, puis, en 1377, à son petit-fils, Pierre Arnaud et ensuite à son arrière-petit-fils, Esteban d'Urtubie, qui meurt sans postérité en 1437

.XVe siècle : les Sault et les Montréal

C'est la fille du frère d'Esteban, Domilia Martinez d'Urtubie qui hérita du château.

Elle avait épousé vers 1415, Saubat de Sault. 1609

Après elle, la seigneurie d'Urtubie, avec le château, passe à son fils Jean de Sault, qui épousa vers 1445, Maria Tereza de Lazcano, dont il eut une fille, Marie, héritière de Sault et d'Urtubie.1789. Abolition du Biltzar du Labourd dans le cadre de la construction de l’état-nation. Simon Amespil maire-abbé de Hendaye sera le dernier représentant hendayais dans la dernière réunion de cette institution abolie en 1790 quand l’Assemblée Nationale approuve la division de la France en 83 départements, dont celui qui réunit le Labourd, La Basse Navarre et la Soule avec le Béarn.

En 1448, Jean de Sault alla combattre les Gamboa, en Guipuzcoa, avec le seigneur de Lazcano, son beau-père, qui était le chef du parti des "onazinos".

Peu de temps après, Jean de Sault mourut et sa veuve, Maria-Tereza se remaria en 1456 avec Jean de Montréal, conseiller du roi d'Aragon et trésorier général de Navarre, veuf de Dona Maria de Larraya.

Jean de Montréal passa dans le camp de l'infant Don Carlos, qui le nomma son conseiller, ce qui entraîna la confiscation de ses biens espagnols au profit d'un gentilhomme navarrais.

La guerre se poursuivit jusqu'à ce qu'un pacte fût signé le 23 janvier 1460 : Jean de Montréal fut réintégré dans ses biens et dignités, et il s'installa à Urtubie auprès de sa femme, Maria-Tereza de Lazcano.

Jean II de Montréal, fils aîné de Jean, avait environ dix-sept ans lorsqu'il épousa Marie d'Urtubie, fille du premier lit de sa marâtre.

En Janvier1609 ce fut le sieur d'Urtubie, soutenu par le sieur d'Amou qui s'adressant au roi Henri IV lui même le supplia d'envoyer des commissaires pour '' nettoyer le Labourd de ses sorciers '' p.30 Car en plus de son assistancs aux procés, le roi avait le président d'Espagnet de régler les vives querelles que se faisaient Français et Espagnols, d'une rive à l'autre de la Bidassoa, querelles qui s'envenimaient facilement

Il eut l'honneur de recevoir en 1463 le roi Louis XI qui séjourna à Urtubie lorsqu'il fut appelé comme médiateur par les rois de Castille et d'Aragon.

C'est ainsi que l'on peut lire dans les chroniques de Philippe de Commynes que le roi visita " un petit château nommé Heurtebise..." Louis XI, lors de son départ emmena Jean II avec lui comme chambellan ; ce dernier devait participer en 1494 à la conquête du royaume de Naples avec Charles VIII.

Jean II de Montréal et Marie d'Urtubie ont eu deux enfants : Louise, qui épousa en 1480 Jean de Beaumont-Navarre, petit fils de Charles III, roi de Navarre, et Louis, connu sous le seul nom d'Urtubie, élevé comme enfant d'honneur à la cour de Charles VIII, qui devint, en 1496, écuyer tranchant.

Mais pendant l'absence de Jean II d'Urtubie, qui guerroyait sous le ciel d'Italie, Marie d'Urtubie, sa légitime épouse, se jugeant sans doute déjà veuve, épousa, en 1469, Rodrigo de Gamboa d'Alzate en Navarre et de Renteria en Guipuzcoa.

Le couple reçut la bénédiction nuptiale en l'église Saint- Vincent d'Urrugne et eut six enfants.

L'aîné, Jean, dit "Ochoa", va revendiquer l'héritage d'Urtubie, ce qui entraînera une longue querelle successorale, qui se terminera en 1574
En effet, Jean II de Montréal revendique ses droits après la mort de Rodrigo d'Alzate et, par arrêt du parlement de Bordeaux en date du 13 juin 1497, est réintégré en la jouissance de la personne et des biens de Marie d'Urtubie, sa femme légitime.

Mais cette dernière, une femme de caractère, déjà surnommée "la bigaine", refuse de se soumettre à cet arrêt et emploie des moyens expéditifs : elle fait brûler le château d'Urtubie et se retire en Navarre chez les Gamboa d'Alzate, où elle meurt en 1503.

Le roi Louis XII, par lettres datées de Bourges du 20 avril 1505, permet à Jean II de Montréal de "réédifier et fortifier la dite place d'Urtubie de telles grandes et puissantes fortifications qu'il pourra faire et que bon lui semblera". Louis de Montréal, fils de Jean II, ne fut mis en possession de tout l'héritage de Marie d'Urtubie qu'après l'intervention du gouverneur de Guyenne, agissant sur l'ordre du roi, après de nombreuses difficultés et bagarres avec Jean d'Alzate, dit "Ochoa".

Louis de Montréal fut nommé "bailli de Labourd", le 17 octobre 1511, et fit reconstruire le château, son père, Jean II de Montréal s'étant retiré au château de Sault.

On ne connaît pas exactement la date à laquelle fut reconstruit le château détruit par Marie d'Urtubie.

En fait, le château ne fut pas entièrement détruit puisque subsistèrent le donjon, le chemin de ronde et la porterie, qui permettent encore aujourd'hui d'imaginer ce que devait être le premier château fort.

Le château fût donc "agrandi" entre 1506 et 1540 par Louis de Montréal, mort en 1517 dans un combat contre les Guipuzcoanos, et par son fils Jean III.

Aux constructions antérieures fût adjoint un corps de bâtiment correspondant au grand salon actuel et la grosse tour avec l'escalier de pierres à vis suspendu.

, par le mariage de Jean II d'Alzate d'Urtubie, petit-fils du second mariage, avec sa cousine issue de germains, Aimée de Montréal d'Urtubie, petite fille du premier mariage.

Entre-temps, l'histoire de la succession allait connaître bien des rebondissements.

3a - XVIe et XVIIe siècles : les d'Alzaté d'Urtubie

La propriété d'Urtubie alla par mariage à Aimée de Montréal, fille de Jean III, qui épousa en 1574 Jean d'Alzate qui comme nous l'avons vu plus haut descendait lui aussi de Marie d'Urtubie et dont le père avait obtenu des maîtres des requêtes du roi la propriété de la seigneurie d'Urtubie en 1563.

Leur petit fils, Salvat d'Alzate d'Urtubie, obtint en 1654 que Louis XIV érige la terre d'Urtubie en vicomte et confirme la charge de bailli d'épée du Labourd qu'il avait accordée aux d'Urtubie.

C'est Salvat qui à la suite de son père André modifiera la toiture du château et construira la chapelle.

Ces travaux avaient pour objet de rendre le château digne des fonctions du Vicomte d'Urtubie qui fut entre autre, gouverneur du Labourd

. C'est également Salvat qui installa à Urtubie la très belle collection de tapisseries de Bruxelles du XVIème siècle encore en place de nos jours.

La propriété d'Urtubie passa ensuite aux héritiers de Salvat, nés de son premier mariage, c'est à dire André, puis Henri et Ursule, sa fille, qui en 1733 avait épousé Pierre de Lalande-Gayon.

3b -XVIIIe siècle : les Lalande d'Urtubie

Ce sont Pierre de Lalande et son épouse, Ursule d'Alzate d'Urtubie, qui réalisèrent les travaux qui ont donné au château et au parc leur physionomie actuelle.

Les travaux furent achevés en 1745 et comprenaient le corps de bâtiment correspondant au petit salon actuel, la terrasse, l'escalier Louis XY une partie importante du Châtelet d'entrée et l'Orangerie.

C'est Pierre-Eloi de Lalande, arrière petit-fils d'Ursule, qui, en 1830 a cédé les domaines d'Urtubie et de Fagosse à François III de Larralde-Diustéguy, son cousin et cinquième descendant de Salvat d'Urtubie et de sa seconde épouse, Jeanne-Marie de Garro. Un échange de lettres entre Pierre-Eloi de Lalande et François III de Larralde-Diustéguy, témoigne de la satisfaction du vendeur de voir la propriété demeurer dans la même famille.

4a - XIXe siècle : les Larralde-Diusteguy

François III de Larralde, maire d'Urrugne, marié en 1819 avec Maria Antonia de Polio y Sagasti, a transmis la propriété au plus jeune de ses fils, Henri de Larralde-Diustéguy, maire d'Urrugne pendant 56 ans et conseiller général des Basses Pyrénées pendant 40 ans. Henri demeura célibataire et laissa Urtubie à sa soeur Gabrielle, mariée à Jules Labat, maire de Bayonne et député des Basses Pyrénées qui eut l'honneur de recevoir en séjour chez lui à Biarritz l'Empereur Napoléon III et son épouse venus en 1854 suivre les travaux du Palais Impérial.

4b - XXe siècle : les Comtes de Coral

Henri de Larralde Diustéguy a vécu les dernières années de sa vie dans la partie du château construite en 1745. A sa mort, survenue en 1911, la Comtesse Paul de Coral, fille de Gabrielle de Larralde Diustéguy a aménagé différentes pièces du château, dont la salle chasse, pour les rendre plus habitables et conformes à une vie de famille agréable.

Après elle, c'est son fils aîné, le Comte Bernard de Coral et sa femme Hélène qui se sont installés à Urtubie. Continuant la tradition familiale, Bernard de Coral a été maire d'Urrugne de 1929 à 1945 et de 1947 à 1965. Il a été aussi député des Basses-Pyrénées de 1934 à 1941 et conseiller général de Saint-Jean-de-Luz de 1951 à 1963. Le Comte de Coral et son épouse ont obtenu en 1974, l'inscription de la propriété à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques,

Leur fils unique le Comte Paul-Philippe de Coral et son épouse ont ouvert le château à la visite et ont décidé d'y aménager des chambres d'hôtes pour faire découvrir à un large public les charmes de la côte basque et la richesse de son passé.

Comte de Coral

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                             KEPA ORDOKI

Pedro Esteban Ordoqui Vazquez (Kepa) 

Nationaliste basque

 

« Toda guerra es cruel en si misma, y si es civil, todavia mas. »)

Défenseur d’Irun, futur commandant du Bataillon Gernika.

(Libération de la France, 1944/1945)

 

Pedro Esteban Ordoqui (Kepa) est né le 3 août 1912 à Irun, quartier Meaca, dans la ferme Ibarla. En poursuivant ses études, il pratique divers métiers, en particulier dans le bâtiment. Il milite tout jeune au syndicat S.T.V., puis à l’organisation nationaliste de gauche A.N.V. Son service militaire terminé, il se marie au mois de mai 1936. Autant dire que le soulèvement franquiste du 18 juillet le surprend en pleine lune de miel.

Dès le premier jour, Kepa (c’est ainsi que l’appellent ses camarades basques), se jette pleinement dans le combat. Quoique nationaliste, il sera l’un des proches du lieutenant Ortega et de Manuel Cristóbal Errandonea. Dès les premières heures, c’est lui qu’Antonio Ortega charge d’apporter une lettre à son homologue, le lieutenant des cabineros de Vera de Bidasoa, afin qu’il affirme, avec ses hommes, son engagement dans le camp de la République, ce qu’il obtient. Kepa Ordoqui fait partie du groupe de volontaires civils qui, pratiquement dépourvu d’armes de guerre, se trouve pris à Lesaca, dans le premier engagement avec les avant-gardes rebelles. Il sera par la suite de tous les combats, en particulier San Martial, lors des journées héroïques de fin août et début septembre 1936.

Irun perdu, il n’abandonne pas le combat. Il ne passe pas en France, mais fait retraite avec les derniers combattants par le Jaizquibel. Après la chute de San Sébastien, il est blessé lors des durs combats du Sollube. En mars 1937, sa famille est capturée par le tristement célèbre navire « Galdames ». En juin, Pedro Ordoqui est nommé commandant du bataillon San Andres. Fait prisonnier, il est successivement interné aux prisons de Santo

ňa, Larriňaga et Burgos, et le 3 septembre il est condamné à mort. Son exécution est reportée plusieurs fois. Le 28 juillet 1939 il s’évade de prison. Après un mois de marche clandestine, il réussit à atteindre Biriatou. Arrêté par la gendarmerie française, interné au camp de Gurs, il s’évade à nouveau et passe alors dans la clandestinité. Mais une nouvelle arrestation survient, Kepa est cette fois arrêté avec des journaux interdits déclarés subversifs.

Lors de l’invasion allemande de 1940, il passe en zone non occupée (jusqu’au 11 novembre 1942). Après cette date, à Luchon (Haute-Garonne) la Gestapo l’arrête. Torturé, il doit être conduit à Peyresourde pour y être exécuté. Et là encore, miraculeusement, Kepa réussit à s’enfuir. Repéré et intercepté dans un village, lors de fêtes locales, il trompe une fois de plus ses poursuivants par sa promptitude dans sa fuite.

En 1944, Kepa met sur pied le bataillon Gernika, lequel avec 130 combattants volontaires d’Euskadi, mènera les durs combats pour éliminer les réduits bétonnés des poches allemandes de l’Atlantique. Du 14 avril 1945, jour du déclenchement de l’offensive, au 20 avril, le bataillon Gernika participe à ces combats, écrivant une nouvelle page de la lutte des basques contre les ennemis de la démocratie et de la liberté, contre ceux-là même qui, il y a huit ans, presque jour pour jour, écrasaient sous les bombes la ville symbole de leur liberté. Près d’un tiers des gudaris basques seront ou tués ou blessés

La guerre terminée, Kepa Ordiqui se retire à Hendaye. Entre-temps, en son absence d’Irun, une juridiction militaire l’a condamné à la peine de mort.

En mars 1960, il préside les funérailles du Lehendakari Aguirre.

Puis, à son tour, meurtri à la fois par le cancer et par les douloureuses divisions du peuple basque, il s’éteint à l’âge de 81 ans, à l’hôpital de Bayonne, le 28 novembre 1993.

 

 

 

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