Capture

En novembre 1792, Carnot, par ordre de la Convention Nationale,  fait mettre en état de défense les ports de Hendaye et de Socoa :« ces places doivent être fournies     le plus tôt possible de munitions de bouche, telles que riz, viandes salées, etc. ».

 Quant aux commissaires, dont Lamarque, ils ordonnent qu'à dater de ce jour, 20 octobre An 1de la République, « il sera accordé une haute paye de 2 sols  par jour aux soldats, chasseurs et cavaliers cantonnés à Hendaye, Sare et Urrugne sur les observations, qui nous ont été faites, de la

cherté de la subsistance sur l'extrême frontière ».

L'arrière-campagne de la commune, tous les points stratégiques, les sommets des collines de Subernoa sont garnis d'ouvrages et de tranchées.

Mais la situation se gâte singulièrement avec la déclaration de guerre de la Convention à l'Espagne

 7 mars 1793.

 A ce moment, Hendaye était occupée par le 7è Bataillon de la Gironde comprenant trois cents hommes environ et par un effectif de 2.000 fantassins commandés par le général Duvergez.

 Ces troupes s'appuyaient, d'une part sur le fort d'Hendaye, et de l'autre sur la Redoute Louis XIV.

 En face, l'armée espagnole, forte de 22.000 hommes sous les ordres du général Caro, était disposée le long de la Bidassoa, de San Martial à Fontarabie. Le premier objectif des Espagnols, afin d'occuper les hauteurs qui descendent de la Rhune sur Urrugne et Ciboure, était de détruire le Fort d'Hendaye.

C'est le 23 avril 1793, par le

 << combat du camp d'Hendaye >>

 que s'ouvrit la campagne ; il est

ainsi appelé dans un récit du temps auquel nous emprunterons les précisions et détails

Le 23 avril,

Le 23 avril, ils ouvrirent le feu avec une telle violence, tant de Fontarabie que des collines qui, de la rive gauche, dominaient le fort, qu'au bout de peu de temps, le fort, l'église et la ville n'étaient plus qu'un monceau de ruines. A midi, les Espagnols s'emparaient du fort démantelé et à bout de munitions, tandis que la Redoute Louis XIV était prise à revers.

 Les Espagnols s'avancèrent jusqu'à Olette, mais ils y trouvèrent retranché le bataillon des Pyrénées ou chasseurs basques qui les battit et les repoussa au-delà de la frontière, mettant le siège devant Fontarabie qui se rendit aussitôt et fut incendiée

 le 25 avril 1793

,Sans que rien fit pressentir une attaque, un feu subit s'ouvre de Fontarabie sur Hendaye, alors que les habitants,sans méfiance, étaient plongés dans le sommeil ; la plupart d'entr'eux sont écrasés sous les décombres des maisons qui s'écroulent enflammées sous l'effet des bombes qui pleuvent sur la ville,

« une grêle de boulets,  et d'obus assaillit à la fois le camp, le fort et la redoute Louis-XIV.>>

 Cette explosion jeta le désordre parmi les Français et leur consternation fut au comble en voyant les habitants d'Andaye fuyant éplorés avec leurs femmes et leurs enfants, et cherchant à éviter les terribles projectiles qui détruisaient les maisons ».                                                        (N)

 et pour achever sa ruine, profitant du désordre inévitable qu'avait produit cette attaque inopinée, les Espagnols traversent la rivière et, par le moyen de torches, mettent le feu aux maisons que le bombardement n'avait pas atteintes.

A la nouvelle de cet événement, Reinier accourut avec ses troupes. L'ennemi à son tour, est refoulé sur l'autre rive, l'épée aux reins, par les Français qui se livrèrent, sur le sol espagnol, à des représailles.                                                                                                                    (N)

 

 

2 mai

Pourtant, tirant profit de l'incurie du général Servan qui, sous le prétexte de réorganiser ses troupes, avait ordonné l'évacuation d'Hendaye, les Espagnols reprirent l'offensive et, le 2 mai, entraient à Saint-Jean-de-Luz. Le 31 mai, un détachement venu de Béhobie occupait Hendaye qu'il acheva de détruire en y mettant le feu.

Les habitants s'étaient enfuis et beaucoup périrent de misère ; plusieurs furent rattrapés et emmenés en Espagne par les troupes. Ceux qui revinrent se virent contraints de prêter serment de fidélité au roi d'Espagne.

Le 4 Frimaire

 Le 4 Frimaire, la Convention, sur la proposition du Comité de Salut Public, décréta une allocation de 80.000 francs pour indemniser les citoyens hendayais. Suivant le rapporteur, les Espagnols font une guerre d'un nouveau genre : ils ont organisé des compagnies qu'ils appellent compagnies de voleurs ; lorsque l'artillerie a bombardé une ville, ils lancent ces compagnies armées de torches, et celles-ci incendient, pillent et égorgent hommes, femmes et enfants. Il est avéré que l'armée espagnole, dans sa marche en avant, détruisait toutes les maisons pour ne pas gêner les opérations.

Le 22 juin,

Le 22 juin, le générai Servan obligea de nouveau les ennemis à repasser la Bidassoa. Mais les deux armées, aussi mal organisées et équipées l'une que l’autre, les Espagnols ayant toutefois la supériorité du nombre, se tenaient mutuellement en respect le long de la rivière que, pendant un an, elles franchirent alternativement dans un sens ou dans l'autre, sans résultat décisif.

25 juillet 1794

La situation changea d'aspect lors de l'attaque d'ensemble lancée le 25 juillet 1794 par les soldats de la République, sous le commandement du général Muller épaulé à sa gauche par le général Moncey.

 1er août,

 L'armée espagnole était alors culbutée jusqu'à Oyarzun, tandis qu'une flotte improvisée s'emparait par surprise de Fontarabie, le 1er août, A leur tour, San Sébastian, Tolosa, Ondarroa et Vittoria tombaient sous les coups portés par Moncey.

en mars 1795, l'attaque française

Celui-ci, nommé commandant en chef en remplacement du général Muller, après un temps d'arrêt imposé par la mauvaise saison reprit, en mars 1795, son offensive en Biscaye.

 En juillet, il obligea les Espagnols à battre en retraite et à évacuer Bilbao et l'Alava. Il se disposait à investir Pampelune, lorsqu'il reçut, à San Sébastian, la visite du marquis d'Jranda, Simon d'Aragorry, qui, émigré de France, avait laissé à Hendaye un domaine placé sous séquestre dont il désirait récupérer la possession. C'était là le but avoué de sa démarche. Mais il était porteur d'une lettre du roi d'Espagne qui demandait la paix

 Cette  conquête relativemant facile, cette " occupation"compréhensive, méritent une  explication . Ce passage des troupes de la révolution souleva un intérêt non dissimulé

Cette guerre des Pyrénées a été occultée, contrairement à la guerre du Roussillon

Eugène Goyheneche écrit : Le centralisme Jacobin, le fanatisme politique  et religieux des révolutionnaires sont responsables de l'avortement d'un projet qui peut être eût changé le cours de l'histoire.

Une occasion manquée ?  

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Au début de la révolution le Capitaine Général de Guipúzcoa fait savoir au ministre Floridablanca que les femmes trafiquantes de comestibles qui faisaient l’aller-retour deux fois par semaine au marchés de Saint Jean de Luz, et de  Hendaye , facilitaient la contagion des idées révolutionnaires en Espagne; c’est vrai qu’il va y avoir beaucoup de francisés dans le Guipúzcoa et dans toutes les provinces basques.

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1795 Simon d'Aragorry, marquis d'Iranda, s'entremet à Saint-Sébastien pour la paix et à partir d'août le général Moncey ramène en France ses troupes de Bilbao.

1795. Simon d’Aragorry,  hendayais qui déploie ses affaires en France et en Espagne, et qui a été fait Marquis d’Iranda par Charles III d’Espagne, intervient pour obtenir la paix entre les deux pays qui concluent le Traité de Bâle, qui ouvre jusqu’en 1808 une alliance entre la France et l’Espagne face à la Grande Bretagne.

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Après ces batailles, Hendaye restait pantelant, palpitant encore après la mort. Presque toutes les maisons avaient été détruites par les projectiles ou par les incendies.

 De l'église ainsi que du fort il n'y avait plus que des ruines, dont la destruction fut parachevée

par deux compagnies envoyées à cet effet par les garnisons d'Irun et d'Oyarzun.

Quant aux habitants, les familles avaient fui, tandis que les hommes avaient été contraints, dès avril 1793, de s'engager dans la Légion des montagnes, celle des miquelets, créée pour l'enrôlement des basques français et espagnols: elle formait un bataillon avec six compagnies.

* Bref, la ruine était totale. 

La commune avait elle-même disparu en mars 1793 en tant

qu'entité administrative, son territoire ayant été de nouveau rattaché

à Urrugne. Elle recouvra vite son autonomie, à la fin de 1796

 dans le cadre du canton dont Urrugne demeura le chef-lieu jusqu'en 1802.

1796 le receveur des douanes est tué au cours d'une bagarre qui

l'opposa à 30 hommes armés ».

 

le port de Caneta n'est plus qu'une ruine


 

Et ce fut le traité de Bâle du 21 juillet 1795

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Ravagée par l'ennemi passant et repassant sur son territoire, Hendaye avait en outre perdu son autonomie administrative par une loi qui l'annexait à Urrugne. Cependant elle n'allait pas tarder à recouvrer celle-ci.                                                                                          (OG)

L'Espagne lance une contre-attaque et expulse de nouveau les Français.

Cependant, voyant qu'elle ne gagnait rien de la guerre et que la France était plus forte que ce qu'elle semblait, Manuel Godoy signe de façon séparée la paix de Bâle (1795).

En échange de l'arrêt des hostilités, l'Espagne reconnaît la République française , elle cède à la France la partie espagnole de l'île d'Hispaniola et les relations commerciales sont normalisées.

Pour la signature de ce traité Manuel Godoy reçut le titre de « prince de la Paix » (Príncipe de la Paz).

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La prise de Fontarabie mérite d'être rapportée, car elle fut d'une rare rapidité.

 Le 31 juillet, Lamarque, capitaine de gre­nadiers, à la tête d'une petite troupe, se présenta devant la place. Après un échange de quelques coups de feu et l'occupation d'un mamelon proche, il fit à l'ennemi une sommation ne lui accordant que six minutes pour se rendre.

 Le Conseil de Guerre, responsable de la défense, dut être terriblement affolé, car il y consentit aussitôt et constata seulement alors que 300 grena­diers avaient eu raison de 800 Espagnols soutenus par 50 bouches à feu

. Lamarque fut promu au grade d'adjudant-général, il le méritait bien.

La Convention rendit un décret portant que l'Armée des Pyrénées Occidentales avait bien mérité de la Patrie.

La paix revient, troublée seulement par des actes de brigandage et de vols comme en connut toute la France, pendant les guerres de l'Empire; le calme persistera relatif jusqu'en 1808, époque à laquelle Urrugne se reprit à voir défiler troupes et matériel .Restes du  vieux fort                                  (F)


Restes du  vieux fort 

milieu du XVII siècle.

 

 

 

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