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L'île des Faisans retomba dans l'abandon, tout en conservant ses bâtisses en planches qui avaient abrité tant de splendeurs

. Mais l'hiver passa et de nouveau les ouvriers prirent possessionde l'île et de ses abords.

 Il fallait faire plus grand et plus beau pour l'entrevue des deux cours les plus puissantes de l'Europe et pour les préliminaires du mariage du roi de France avec l'infante Marie-Thérèse d'Autriche.

Le roi d'Espagne chargea le grand peintre Velasquez„ de la direction des travaux. Celui-ci resta installé, pendant deux mois, sur les bords de la Bidassoa  s'employant à l'accomplissement desa tâche de son goût sûr et son génie.

 Mais il fut mal récompensé de sa peine, car il contracta une fluxion de poitrine dont il mourut.

On transforma et on embellit les bâtiments qui avaient servi pour les conférences, chaque nation tenant à honneur de les rendre dignes des grands actes qui devaient s'y passer suivant un

cérémonial encore plus serré que précédemment. Chaque cour désirait en effet rester sur son territoire, tout en étant dans une salle commune. Aussi de chaque côté de la ligne de démarcation,

chaque partie était exactement semblable à l'autre. En outre, pour permettre l'accès du pavillon, on avait construit de nouveaux ponts à côté des précédents et on les avait recouverts de

galeries vitrées.

Tandis que Mazarin et don Luis de Haro revoyaient quelques points du traité qui n'avaient pas été assez précisés, on mettait la dernière main aux préparatifs de la réception. Les entrevues furent au nombre de deux, mais elles avaient été précédées d'une autre cérémonie exclusivement espagnole.

Le 3 juin, dans l'église de Fontarabie, en présence du roi d'Espagne, don Luis de Haro,représentant le roi de France, avait épousé, par procuration, l'infante Marie-Thérèze.

Le lendemain, eut lieu, dans l'île, une rencontre intime, de caractère exclusivement familial, entre la reine Anne d'Autriche, son frère, le roi d'Espagne, l'infante, le duc d'Anjou et Mazarin.

Les Français arrivèrent en carosse tandis que le roi d'Espagne et sa suite étaient transportés dans deux magnifiques galiotes richement décorées de peintures artistiques représentant des scènes de la mythologie.

Anne d'Autriche n'avait pas vu son frère depuis vingt-cinq ans. Aussi l'entrevue fut-elle des plus cordiales, autant du moins que le permettait l'étiquette espagnole renommée pour sa rigueur. On se sépara satisfaits les uns des autres.

Deux jours plus tard, on assista à une rencontre solennelle des deux rois. C'était un dimanche, par une belle journée de juin. La rivière était sillonnée de centaines de barques richement pavoisées,

une foule immense couvrait les deux rives le long desquelles s'échelonnaient des milliers de soldats. Quand les grands personnages qui devaient se rencontrer et qui étaient arrivés dans les mêmes conditions que la fois précédente, eurent pris place et échangé quelques paroles de politesse, les deux rois se placèrent à genoux sur des carreaux, en face l'un de l'autre, chacun avec sa table, son écritoire, son évangile et son crucifix, le tout exactement pareil. Après lecture du contrat, ils prêtèrent serment, la main sur l'évangile.

 A ce moment le cardinal ouvrit une fenêtre. C'était un signal convenu et aussitôt, des décharges de mousqueteries parties des deux rives annoncèrent au monde la conclusion de la paix.

L'infante regagna Fontarabie avec son père tandis que la cour de France revenait à Saint-Jean-de-Luz. Le lendemain seulement l'île des Faisans vit pour la troisième et dernière fois, les principaux personnages de la cour de France qui venaient chercher leur nouvelle reine et on assista à la séparation émouvante du roi d'Espagne et de sa fille qui ne devaient plus se revoir.


La maison de l'Infante  Saint Jean de Luz

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La petite île témoin de tant d'événements et appelée depuis lors, « l'île de la Conférence », retomba dans le silence et l'oubli.

Sous l'influence du courant elle se dégradait rapidement et menaçait de disparaître, lorsque, sous le second empire, on se préoccupa de la conserver et de l'embellir. On y planta des arbres, on y éleva un monument commémoratif du traité des Pyrénées et, un peu plus tard, fut conclu un arrangement entre la France et l'Espagne, en vertu duquel les commandants des stationnaires français et espagnols dans la Bidassoa sont chargés, à tour de rôle, de la surveillance et de l'entretien de l'île et de son monument.

 

Emprunterons à un narrateur de l'époque une description très suggestive des batelières de la Bidassoa, femmes de Hendaye .

 << C'est là que madame d'Aulnoye vit ces jeunes  paysannes , qui, avec autant d'habileté que de gentillesse, la passèrent sur la rive d'Andaye ou de Bidassoa,dont le cours marque les limites de la France et de l'Espagne . Ces filles sont grandes, ont la taille fine, le teint brun , de belles dents, les cheveux noirs et lustrés qu'elles laissent tomber sur les épaules avec les rubans qui les attachent. Elles ont sur la tête un petit voile de mousseline brodé de soie, qui voltige et couvre une partie de leur gorge.Elles portent des pendants d'oreilles d'or et de perles, des colliers de corail et des espèces de justaucorps à manches serrées, comme nos bohémiennes. L'air de gaieté, qui brille sur leur visage, le chant,la danse, le tambour de  basque donnent de nouvelles grâces à cet ajustement. On dit qu'elles vivent dans le célibat sous la direction de quelques unes des plus âgées et qu'elles ne souffrent ni hommes, ni femmes parmi elles. Mais , quand elles veulent se marier, elles vont à la messe dans la ville la plus voisine ; les jeunes gens choisissent celles qui sont à leur gré, en font la demande aux parents, s'accordent avec eux et si le parti plait à la fille, le mariage est conclu dans le moment >> 

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En 1680, cet ouvrage ( la tourt MUNJUNITO ) fut complété par deux autres tours de construction légère; il eut une belle occasion d'intervenir, l'année suivante.

 Pour venger des pêcheurs Hendaiars, qui avaient été massacrés par leurs concurrents de Fontarabie, Louis XIV fit tirer par la tour 1 000 coups de canon sur cette ville et ordonna la construction immédiate d'une redoute mieux équipée. Vauban vint en inspecter les travaux en 1693

.L'Administration ne perdant jamais ses droits, la tour abritait le percepteur des taxes d'ancrage, qui, en 1664, étaient de :3 livres par navire,40 sols par patache ou barque,20 sols par pinasse,1 carolus, valant 10 deniers, par chaloupe, gabarre ou autre petit bâtiment.

Voilà qui nous renseigne sur la diversité des bateaux, qui naviguaient dans les parages, sur la rivière ou au cabotage, tandis que ceux tarifés « navires » étaient au loin, à la pêche à la morue où ils retrouvaient leurs voisins d'Urrugne

C'était surtout à Terre-Neuve, où ces pêcheurs durent plus tard rencontrer Jean Daccarette, originaire de Hendaye, mais, sans doute,de la famille notable du même nom, qui demeurait en la maison Accarettebaita, à Urrugne.Quoi qu'il en soit, c'est ce compatriote dont l'histoire nous a laissé la preuve que son esprit d'entreprise fut le plus grand. Aucun de nos marins ne connut une telle fortune.

Ceci noté en marge de l'histoire des fortifications, il nous faut revenir à la redoute, qui était achevée à la fin du XVI s. sur le mamelon proche de Belcenia, àl'emplacement actuel du Monument aux Morts.

Son histoire sera brève; elle n'eut par la suite aucune occasion d'intervenir, du moins avec efficacité, comme nous le verrons plusloin.

1681 L'ingénieur de Vigny complète le système fortifié d'Hendaye, comprenant en sus des premiers ouvrages au niveau de l'eau, une batterie à deux étages de 6 canons chacun, en escarpe sur la Bidassoa, adossée à un glacis voûté en forme de carré avec au centre un double donjon en diagonale, à demi souterrain, le tout pour 100 hommes de garnison. Le surintendant des fortifications Vauban visite le pays pour les derniers travaux en 1693, et on y retrouve encore un M. de Gource gouverneur en 1737, puis un corps d'invalides militaires y tient garnison en temps de paix, vers 1770.

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Le 3 juin en présence de Philippe IV mariage par procuration de l'infante à Fontarrabie  le 6 juin   signature de la Paix des Pyrénées par les deux rois en la somptueuse barraque de l'île des faisans

le 7 juin réunion des deux rois et des deux reines dans la même barraque au milieu de la bidassoa

le 9 juin mariage béni et ratifié à saintjeandeluz par Monseigneur d'Olce

1685

 Dès 1680, Fontarabie se signale par tant de violence que la junte de Guipuzcoa l'exclut de la Sainte Hermandad le 21 mai.

Elle est réintégrée le 12 mai 1681 et le marquis de Lambert venu garantir la frontière avec 6 000 hommes laisse Hendaye avec un fort complet. Ensuite de quoi un traité est signé à Madrid le 19 octobre 1685 par l'ambassadeur de France, marquis de Feuquières, et son commissaire espagnol, marquis de los Balbases, conseiller d'Etat.

Bien que le texte en soit perdu, il ne fait pas de doute qu'il réservait la propriété du fleuve et en accordait l'égalité d'usage. 


En 1685, Vauban était venu dans la région pour inspecter les divers ouvrages militaires. Il s'adjoignit le marquis de Boufflers et F. de Ferry inspecteur général des fortifications de Guienne.

Après avoir visité le fort d'Hendaye, ils passèrent la Bidassoa et, s'étant rendus à La Madeleine, faubourg de Fontarabie, ils essuyèrent des coups de feu qui furent par trois fois dirigés sur eux par les Espagnols,

 Pour montrer le mépris qu'ils avaient de leur « tiraillerie », Vauban et ses deux compagnons ne quittèrent le territoire espagnol qu'une demi-heure après que leurs insulteurs se furent retirés.

 Mais, dans le compte-rendu de cette visite, adressé à M. de Seignelay, secrétaire d'Etat, Vauban proposait de prendre Fontarabie pour avoir raison des injures qu'il avait reçues ou bien de bâtir un fort pouvant contenir six ou sept cents hommes de garnison sur une langue de terre à l'embouchure de la Bidassoa, assurant que c'était le moyen de dominer la rade en même temps que les Espagnols et de permettre àux habitants d'Hendaye de sortir en mer, pour aller pêcher, sans que leurs voisins pussent les en empêcher. Le roi avait d'autres préoccupations et cette proposition resta sans suite.    ( N )

 

1689 Accord de principe pour le transfert d'Urrugne à Hendaye, des terres d'Irandatz et Zubernoa avec le prieuré de Santiago.

 

 

 

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