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les armoiries


Blasonnement : D'azur à la baleine d'argent nageant dans une mer au naturel, surmontée de trois harpons d'or, deux passés en sautoir et un en pal, accompagnée d'une couronne royale d'or, accostée des lettres H et E capitales de sable.

 

Surmontée de trois harpons, deux en sautoir et un en pal,et accompagnée en chef d'une couronne royale accostée des lettrescapitales H à dextre, E à sénestre.(Extrait de l'étude de Jacques Meurgey, cf. Bulletin n° 8, 1931, de

la Société des Sciences, Lettres et Arts de Bayonne.) La couronne atteste la reconnaissance vouée par Hendaye au roi qui, en 1654, lui a accordé son érection en communauté.

Pour une raison inconnue, et depuis le 19 s. seulement, les harpons ont disparu du blason de la ville et la baleine a été remplacéepar un dauphin, qui, ici, n'a aucune signification.Cette erreur historique se double d'une ingratitude à l'égard despêcheurs de baleine, qui furent à l'origine de la fortune ainsi quede la gloire de la cité. Il serait juste que l'une et l'autre soientaujourd'hui réparées.Il serait bien que le blason de Hendaye puisse ainsi retrouversa place entre ceux de Biarritz et de Fontarabie, qui, depuis le 14 s.continuent à honorer, par le signe de la baleine et de harpons, lesmarins, qui s'illustrèrent aux côtés des hendaiars ! (').

1) « Hendaiar », nom basque l'habitant que nous adopterons de préférence

à « hendayais » Histoire des siècles où le caractère basque de la ville fut le  marqué 

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Le Long chemin pour arriver aux limites actuelles 

URRUGNE / HENDAYE

 

Pendant des siècles les deux bourgades se sont, en tout ou partie,confondues; leurs habitants ont vécu, dans la même foi, la même vie de travail, à la terre ou à la mer; ils ont connu les mêmes

événements. Longtemps, ils partagèrent la même histoire  

C'est à ses marins ainsi qu'à la générosité du roi

 que ce port dut la première concession, qui lui fut faite, celle des terres nourricières des Joncaux couvrant 26 hectares environ.

Pour l'expliquer il nous faut remonter à 1627, à l'année d'un exploit que ne rappelle plus, semble-t-il, que le nom toujours donné à « la rade des Basques » dans le pertuis d'Antioche.

 Cet exploit est le comportement remarquable des marins de Hendaye lors du siège de la Rochelle et la bataille de  l'île de Ré  . En raison de leur de leur courage le roi XIII ne manqua pas de marquer une vive reconnaissance à ces derniers, leur faisant le très beau cadeau de l'île des Joncaux.

Faute, sans doute, de précisions suffisantes, cette donation,comportant le droit de labourer et de cultiver, fit l'objet de maints différends, qu'engendraient constamment entre les riverains français et espagnols les droits de pêche dans la Bidassoa ainsi que depassage à travers elle.

Il fallut attendre l'arbitrage des conseillers du roi, confirmé en 1668 par Louis XIV, pour que Hendaye se vît définitivement attribuer « la totalité des îles et joncaux qui sont en-deça le milieu de la rivière », l'exclusivité du droit de passage aussi bien en face de l'hôpital Saint-Jacques que vis-à-vis de Fontarabie; le droit de naviguer et pêcher sur la moitié de la rivière lui était également reconnu. Mais comme cette décision n'était qu'unilatérale, elle dut être confirmée par un traité signe à Madrid en 1685. En fin de compte la superficie de Hendaye était portée à  la surface dérisoire de 33 hect. Elle le demeura jusqu'en 1867.Par l'entrée en possession de cette grande terre des Joncaux, produisant de 800 à 1 400 kg de maïs à l'hectare, Hendaye cessait d'être un minuscule hameau sans autre labour que celui de la mer,sans autre subsistance que celle de la pêche. Dans son petit portla ville de demain avait trouvé son berceau.

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A la fin du 16 ème s.

 Hendaye n'est encore qu'un modeste hameau,un quartier d'Urrugne,

 mais qui, déjà, aspire à son autonomie,sans doute ses gens ont-ils été mis en goût par l'exemple de Ciboure,qui vient d'obtenir sa libération de la tutelle d'Urrugne !

Comme il était de règle que, plus ou moins tôt, l'institution d'une paroisse engendrât celle d'une communauté,

 les Hendaiars commencèrent astucieusement par réclamer, d'abord, un lieu de culte qui leur soit propre..

Il leur fut facile d'arguer de la grande distance qui les séparait de l'église paroissiale d'Urrugne, de la difficulté qu'ils en éprouvaient « pour recevoir les Sacrements et suivre les offices divins ». Effectivement, ils obtinrent de l'évêque de Bayonne,  le droit de construire une chapelle de secours desservie par un vicaire et le curé d'Urrugne.

 Ainsi, ils franchissaient une première étape et abordaient aussitôt la seconde.

S'adressant au Parlement de Bordeaux, ils réclament et obtiennent quelques droits par des arrêts de

1603 et 1630, dont, malheureusement, nous ne connaissons pas le détail. Il nous suffit de savoir qu'Urrugne réagit vivement, repoussant toute désunion, sous une forme quelconque, paroisse ou jurade et réclamant le maintien intégral, à son profit, de la police, de l'intendance et des pacages communaux.

Au reste, Urrugne joua pleinement, en 1634, son rôle tutélaire;la preuve s'en trouve dans un document archivé à Urrugne.

 Apprenant que « le roi d'Espagne a assemblé un grand nombre de gens de guerre en la ville de Fontarabie, qui pourraient traverser la rivière et se saisir de la frontière , si elle n'était gardée », le

gouverneur de Bayonne ordonne à la Communauté d'Urrugne de mobiliser le nombre d'hommes nécessaire pour défendre la frontière.

Le jurât de la Place, dont dépend « le hameau de Hendaye », objecte qu'il convient d'exempter les habitants de ce lieu« qui sont la plupart absents et en voyage sur mer vers la Terre-Neuve,Flandres et autres contrées d'outre-mer où ils ontaccoutumé d'aller pour la pêche de la baleine ou autres choses et demeurent absents les huit mois de l'année. A cause de quoi il est besoin et nécessaire

que les autres habitants dudit quartier de la Place fassent la gardepour eux... ».Il fut donc envoyé 100 de nos hommes le long de la côte « Soccobouroua » (à l'extrémité Ouest de la plage), « au pied de laquelle passent les navires qui vont et viennent de Fontarabie ».

Autre document: Hendaye ne comprend encore que cent maisons,

qui se serrent à I'alentour du port et jusque dans la baie de Belcenia ,aujourd'hui comblée, dans ce Bas-Quartier, autrefois dit le quartier des Pirates, quelques rares maisons témoignent encore de sonactivité au XVI s.

(1) La Bidassoa était déjà franchie dans tout son parcours à l'époque romaine. Recherches sur la Ville de Bayonne, tome III, V. Duhurnt H .1 11.Daranatz.)

En 1647, la marche vers la libération ayant été poursuivie, la deuxième étape s'achève:

l'évêque érige une paroisse,

 qui est mise sous le même patronage que celle d'Urrugne, ainsi saint Vincent de Xaintes ne perdra aucun de ses enfants. Malheureusement, il fallut bien, quelque temps plus tard, lui substituer son homonyme, ce saint Vincent, né à Huesca, archidiacre à Saragosse, dont la fête tombait le 22 janvier, plus opportunément que celle du premier.

A cette date, ils étaient, en effet, rentrés dans leurs foyers ces pêcheurs, qui constituaient un corps important de la paroisse et en étaient bien loin au mois de septembre, pour la fête desaint Vincent de Xaintes.(Il en fut exactement de même, et pour une raison identique, à Ciboure, où l'église, d'abord annexe de celle d'Urrugne, puis érigée en paroisse en  1555 avec le même titulaire que son ancienne église mère, adopta saint Vincent, diacre, peu de temps avant la Révolution.)

 

1654:   dernière étape

. Les Hendaiars atteignent ce but depuis si longtemps et ardemment convoité ! Anne d'Autriche, régente du royaume pendant la minorité de son fils, Louis XIV, a entendu favorablement leur supplications et, au mois de novembre de cette année, érige leur bourg en Communauté indépendante sous l'administration d'un maire-abbé et de quatre jurats.

Rubens vers 1622

Anne d'autriche      Reine de France

Née à Valladolid, Espagne, en 1601, morte à Paris en 1666, Anne d'Autriche est la fille du roi d'Espagne Philippe III. Elle épouse Louis IIIen 1615 et devient ainsi reine de France.Régente du royaume de 1643 à 1661,

Anne a entendu les doléances des Hendayais qui réclament leur autonomie.

« Les manans et habitans de Hendaye nous ont fait remontrer que lad. paroisse ayant cy devant composé un seul corps et une mesme communauté avec celle d'Urrugne, elle aurait durant l'espace de plusieurs années joui concommitamment avec lad. communauté d'Urrugne de plusieurs privilèges, droits et franchises concédés àl'une et à l'autre des deux paroisses spécialement de certains estatuts, octroys, règlements et police qui leur furent accordés en 1609 par Henri le Grand... Et bien que depuis quelque temps lesd.paroisses ayant été séparées les exposants n'ont néantmoins laissé de vivre sous les mêmes statuts. A présent pour mieux marquer lad. séparation ont désiré avoir leurs estatuts et privilèges distincts et séparés, lesquels, à ces fins, ils ont soubz nostre bon plaisir dressé et arrêté entre eulx en leur acte d'assemblée du 20 May dernier. »


Anne d'Autriche et  son fils Louis XIV

Le souverain ratifie tous les articles à lui présentés

 et que malheureusement il n'énumère pas, et  qui sera à l'origine du long conflit entre Urrugne et Hendaye  qui durera 211 ans.

La superficie de Hendaye est alors de 7 hectares ( ville et Bas-Quartier )  un confetti

 (S.L.A., 1932; Arch. Gironde   I B 27.)

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Les AGRANDISSEMENTS

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S'ils étaient avides d'accroître leur aire, c'est parce que les Hendayais pressentaient la fortune qui devait leur venir de la force d'attraction de la frontière, de la mer, ainsi que de la seule beauté du site.

Pour garder les Joncaux ils avaient beau jeu de pouvoir se référer à la donation de Louis XIV, d'autant plus que celle-ci leur accordait également l'exclusivité du droit de passage de la Bidassoa en face de l'hôpital Saint-Jacques.

 Pour le reste, ils arguaient simplement du peu d'intérêt qu'apparemment la municipalité d'Urrugne portait au secteur de leurs environs (chemins mal entretenus, etc.)

. Ils faisaient non moins valoir la peine qu'éprouvaient les gens du quartier de Subernoa pour se rendre à la mairie d'Urrugne, distante de 7 km, pour l'accomplissement des formalités et démarches auprès de leurs autorités officielles.

D'un autre côté, il est compréhensible qu' Urrugne, conservant la nostalgie d'une souveraineté qui, jusqu'au XVIIe s., s'étendait de la Nivelle à la Bidassoa, ait cherché à épuiser, jusqu'à leur extrême limite, toutes les ressources, tous les recours possibles auprès de la Justice.

Il est même naturel, et bien dans la manière paysanne, qu'après avoir perdu plusieurs procès et appels, la municipalité ait cherché un ultime refuge dans la force d'inertie, tardant, par exemple, au maximum, à accomplir les formalités administratives auxquelles la loi l'assujettissait !

1862Avant le jugement du tribunal d'arrondissement de Bayonne rendant àHendaye les Joncaux retenus par Urrugne, et lui ajoutant tous les terrains  d'alluvions jusqu'à la mer, la commune compte plus de 600 habitants. La cour d'appel départementale des Basses-Pyrénées confirme.

1865 Restitution des Joncaux

 au terme de plusieurs procès et même d'une pétition, qui fut directement adressée par les habitants à l'Empereur, Napoléon III, Hendaye arrachait à Urrugne 195 hectares.

L'affaire commença en 1830 par une initiative du Service du Cadastre (Contributions Directes) qui, dans un but de simplification, et certainement aussi parce que considérant que ce bourg n'était plus que ruine, proposa que, de nouveau, Hendaye ainsi que les Joncaux soient rattachés à Urrugne.

A Urrugne comme à Hendaye l'unanimité se fit pour repousser cette velléité, du moins contre une fusion totale,

 Urrugne faisant remarquer que sa voisine constituait une paroisse distincte

. L'Administration n'insista pas sur ce point, mais, en dépit de la vigoureuse réaction des Hendaiars, elle persista à vouloir inscrire les terres des Joncaux dans le cadastre d'Urrugne.

Dès lors, l'Administration se heurta jusqu'en 1867 à onze municipalités, affirmant toutes successivement avec une égale ténacité leur volonté absolue, non seulement de sauvegarder la plénitude du territoire communal, mais, plus encore, d'obtenir son extension.

1867 Partage   Agrandissement

 « Pour  des raisons géographiques, religieuses, de police et de citoyenneté » la superficie comprise entre une ligne verticale qui partait de l’actuelle église Ste. Anne de la plage et rejoignait le boulevard de l’Empereur, la rue d’Irandatz et celle du commerce actuelles à la Gare et de celle-ci au Joncaux longeant la Bidassoa, cesse d’appartenir à Urrugne et devient hendayaise.

1896 Partage   Agrandissement

  Irandatz et Zubernoa sont finalement transférés à Hendaye avec le château néo-gothique d'Abbadie, la limite d'Urrugne étant reportée derrière le ruis­seau Mentaberry, et les Hendayais passent à plus de 3 000, puis passent les 5 000 en 1930, avec l'essor de la plage, et les 8 000 maintenant.

 Autre arrachement, qui, s'ajoutant aux terrains gagnés sur la mer, donne à la commune son importance actuelle, et peut-être définitive ?

 l'étape finale vit naître son satellite, Hendaye-Plage.

Dernier et définitif agrandissement de la Commune de Hendaye; réclamé et obtenu par les mêmes raisons que celui de 1867: il implique la perte par Urrugne des terrains de Subernoa et d’Irandatz.

 

 

 

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